Salomé a 17 ans, vient de commencer des études d’archéologie et vit tranquillement chez ses parents. Sa principale particularité est une capacité que l’on peut qualifier de pathologique à l’hésitation chronique.
Tout va donc à peu près pour le mieux dans sa vie lorsque, sans prévenir, ses parents la somment de choisir entre eux !
L’horreur pour une hésitante patentée : va-t-elle aller au Liban avec son père -le rêve pour une étudiante en archéologie-, ou rester dans son cocon familier ? Comment choisir ?
C’est alors que sa meilleure amie lui propose une solution qui pourrait répondre à toutes ses hésitations : il s’agit d’un logiciel appelé Aléas, capable de lui montrer son avenir selon le choix qu’elle fera. Mais l’on dit souvent que le mieux est l’enemi du bien, et une solution qui parait idéale peut amener d’autres problèmes. Salomé va en faire l’expérience.
Ce résumé n’est que la partie emergée de ce fabuleux roman jeunesse (à partir de 13 ans). Les réflexions de Salomé sur la vie, les amitiés, la famille tombent toujours très juste avec un art de la formule impressionnant et une vision de la vie toute en finesse.
On suit les aventures de cette jeune fille sans pouvoir lâcher le roman, l’auteur nous la rend, elle et ses amis, très attachants. A tel point qu’une fois la dernière page tournée, on se dit : Et après, qu’est-ce qu’il se passe ?

« Est-ce que c’est arrivé à d’autres que moi ? Est-ce que je suis la seule fille de la planèteà pouvoir me retrouver plantée au milieu du trottoir, totalement immobile pendant cinq minutes – oui, trois cents secondes au bas mot – statufiée, paralysée, à cause de la bête incapacité à décider quel doit être le geste suivant ? 

Est-ce que je dois vraiment rentrer chez moi pour me changer ?

Ou ne vaut-il pâs mieuxque j’aille directement à la fac ?

Trois cents secondes. Tic toc tic toc tic toc tic toc tic toc tic toc tic toc tic toc tic toc.. (Etc.)

Heureusement, dans la rue, il y a des passants qui passent. Des passants qui savent exister normalement, eux, et qui me jettent un regard étonné, ou inquiet, ou amusé, ou concupiscent (oui oui, même le matin à 7h14). En tout cas, suffisemment intrusif pour que mes pieds se remettent en mouvement. C’est pour échapper à ces regards que je parviens à rentrer chez moi, comme une automate.

Mais je ne suis pas sortie d’affaire pour autant.

Est-ce que je dois prendre une douche ? Ou bien vaut-il mieux que je dorme un peu, même si je rate mon premier cours ?

Trois cents secondes…  » p. 57 58

Le jour des élections, plutôt que de suivre les intentions de votes et les estimations de résultats toute la journée en angoissant, venez vous détendre à la librairie et rencontrer Louise Revoyre, nous parlerons d’Aléas…